Le contrat-programme : comment le prix maximum change
Le calendrier réel des nouveaux tarifs, compté sur un an, et ce qu’il permet de dire du lendemain.
Le prix maximum des produits pétroliers belges est fixé par le SPF Économie selon le contrat-programme conclu entre l’État belge et Energia, la fédération du secteur pétrolier. Son annexe technique, datée du 9 octobre 2006, fait suivre au prix les cotations internationales des produits pétroliers ; ces cotations sont payantes et ne sont pas publiées, si bien que personne ne peut recalculer à l’avance le prix officiel du lendemain. Sur les 364 derniers jours de la série be.STAT, le prix maximum du mazout livré en moins de 2 000 litres a changé 243 fois, 131 hausses et 112 baisses ; c’est le jeudi qu’un nouveau tarif tombe le plus souvent (98 % des jeudis). Le diesel B7 n’a changé que 68 fois. Tant que le tarif de demain n’est pas publié, ce site affiche une estimation : le dernier prix publié, avec la fourchette observée le même jour de la semaine. Sur 52 semaines, elle s’est écartée du tarif réel de 2,0 c par litre en moyenne.
Le prix change-t-il souvent ce jour-là ?
Part des jours avec un nouveau tarif
92 %
| Jours observés | 52 |
| Hausses / baisses | 25 / 23 |
| Variation moyenne quand il change | 0,028 €/L |
Vérifié par Radif Partners · Charte éditoriale · Méthode et sources
Un accord entre l’État et le secteur pétrolier
Le prix maximum n’est pas décidé au jour le jour par un ministre. Il découle d’un contrat-programme, un accord conclu entre l’État belge et Energia, la fédération du secteur pétrolier, que le SPF Économie applique en publiant le tarif officiel. Le Fonds Social Chauffage rappelle les deux conséquences pour le client : le tarif fixe un plafond par produit, et vendre au-dessus est interdit.
La méthode de calcul est décrite dans une annexe technique datée du 9 octobre 2006. Elle fait suivre au prix maximum les cotations internationales des produits pétroliers. Ces cotations sont payantes et ne sont pas publiées : le grand public, les journalistes et ce site voient le résultat, le tarif, mais pas les chiffres d’entrée. C’est la raison pour laquelle personne ne peut recalculer à l’avance le prix officiel du lendemain.
Ce que montre la proposition de loi de mars 2026
Le contrat-programme a fait l’objet, au printemps 2026, d’une proposition de loi déposée à la Chambre. La proposition de loi DOC 56 1452/001 du 30 mars 2026 cite les tarifs officiels de deux dates, le 28 février et le 27 mars 2026, pour illustrer la vitesse à laquelle le prix maximum suit les marchés.
| Produit | 28 février 2026 | 27 mars 2026 | Écart par litre |
|---|---|---|---|
| Mazout < 2 000 L | 0,8724 € | 1,2958 € | +42,3 c |
| Mazout ≥ 2 000 L | 0,8322 € | 1,2556 € | +42,3 c |
| Diesel B7 | 1,758 € | 2,163 € | +40,5 c |
| 95 E10 | 1,634 € | 1,863 € | +22,9 c |
| 98 E5 | 1,723 € | 1,929 € | +20,6 c |
En un mois, le plafond du mazout livré en moins de 2 000 litres a augmenté de 42,3 c par litre, soit 49 % de plus. Sur une citerne de 1 500 litres, l’écart entre ces deux dates représente 635 €.
À quelle fréquence le prix maximum change
La série publiée par Statbel sur be.STAT permet de compter les nouveaux tarifs jour par jour. Le tableau classe les 364 derniers jours selon le jour de la semaine où un nouveau prix est entré en vigueur, pour le mazout livré en moins de 2 000 litres et, pour comparaison, le diesel B7.
| Jour | Mazout : nouveaux tarifs | Mazout : part des jours | Diesel B7 : nouveaux tarifs |
|---|---|---|---|
| lundi | 0 / 52 | 0 % | 0 / 52 |
| mardi | 48 / 52 | 92 % | 11 / 52 |
| mercredi | 46 / 52 | 88 % | 16 / 52 |
| jeudi | 51 / 52 | 98 % | 12 / 52 |
| vendredi | 48 / 52 | 92 % | 15 / 52 |
| samedi | 49 / 52 | 94 % | 13 / 52 |
| dimanche | 1 / 52 | 2 % | 1 / 52 |
Pour le mazout, le jour le plus actif est le jeudi : 51 jeudis sur 52 ont apporté un nouveau tarif. À l’inverse, le prix ne change presque jamais le lundi et le dimanche : le tarif en vigueur la veille y reste généralement valable. Le diesel suit un tout autre rythme, avec 68 changements sur l’année contre 243 pour le mazout. Le mini-simulateur en haut de page fait le même compte pour un produit et un jour de votre choix.
Hausses, baisses et ampleur
Sur l’année, le mazout a connu 131 hausses et 112 baisses. Quand il change, il bouge en moyenne de 0,030 € par litre. Une journée sur dix, la variation est inférieure à −3,1 c, et une sur dix supérieure à +3,5 c : la plupart des changements sont modestes, mais ils s’additionnent. Sur 1 500 litres, une variation moyenne pèse 45 € sur la facture. La page historique du prix du mazout montre comment ces petits pas ont dessiné la courbe de l’année.
Pourquoi demain ne peut être qu’estimé
Un nouveau tarif est publié avant d’entrer en vigueur : quand le prix de demain est connu, la page prix du mazout demain affiche ce tarif officiel. Tant qu’il ne l’est pas, aucune source publique ne permet de le calculer. Un site qui annonce « le prix de demain » avant la publication donne donc, au mieux, une estimation, et il devrait le dire. Ici, chaque chiffre de ce type est étiqueté comme tel et remplacé par le tarif officiel dès sa parution.
Comment ce site estime le prochain jour non publié
L’estimation ne prétend pas deviner le marché. Elle part du dernier tarif publié, qui sert de valeur centrale, et l’entoure de la fourchette des variations observées le même jour de la semaine sur un an, entre le premier et le neuvième décile. Elle donne aussi la probabilité qu’un nouveau tarif entre en vigueur ce jour-là, d’après la même année d’observations. Pour le 4 novembre 2026, prochain jour sans tarif publié, cela donne une valeur centrale de 1,578 €, une fourchette de 1,545 € à 1,614 € et une probabilité de changement de 88 %.
Pourquoi partir du dernier prix plutôt que d’une tendance ? Parce que, mesuré sur la série, c’est l’estimateur qui se trompe le moins. Sur 364 jours, l’écart moyen entre le dernier tarif publié et le tarif officiel du lendemain a été de 2,0 c par litre, et l’écart est resté sous un centime 52 % du temps. Sur les quatre dernières semaines, il atteint 2,3 c. Pour le diesel B7, qui change plus rarement, l’écart moyen sur un an tombe à 1,2 c. La page de méthode détaille ces calculs.
Les limites, écrites noir sur blanc
La fourchette décrit ce qui s’est passé, pas ce qui va se passer. Une semaine agitée sur les marchés peut produire une variation plus forte que toutes celles de l’année, et l’estimation ne le verra pas venir. Elle ne remplace jamais le tarif officiel ; elle sert à donner un ordre de grandeur à celui qui doit décider aujourd’hui d’une commande livrée demain. Pour savoir ce que dit vraiment la règle du plafond, voir le guide du prix maximum du mazout ; pour les carburants, la même logique s’applique au prix du diesel demain.